Né de poussière d'étoiles

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Salon du Livre de Paris qui fait débat…

8 Commentaires

   J’aimerai juste réagir aujourd’hui sur un débat autour du Salon du Livre de Paris (qui s’appelle maintenant Livre Paris). J’ai été scandalisée en écoutant les propos d’Augustin Trapenard sur Canal +. Vous pourrez écouter via ce lien ses raisons de ne pas aller à cet événement.

   En résumé :

« 2ème raison pour laquelle je n’irai pas au Salon du livre : l’autoédition de plus en plus présente. Pour moi, c’est une trahison, c’est une catastrophe. Vous allez dire que je suis réac, mais le livre, c’est aussi plein de métiers : le métier de l’éditeur, de traducteur, de correcteur, de librairie aussi. Autant de métiers qui sont menacés par l’autoédition, et je pense que le rôle du salon, c’est de défendre les métiers du livre. »

   Vous vous doutez bien que pour moi, la colère a commencé à monter… Mais j’ai été très heureuse de lire la lettre ouverte d’Amélie Antoine. Amélie est une auteure indépendante qui s’est fait connaître avec Amazon avant d’attirer l’attention d’un éditeur (Michel Lafon) pour signer un contrat. Voici ce qu’elle répond :

 » Cher monsieur Trapenard,

Comme je suis déçue par vos paroles, moi qui suis régulièrement vos chroniques littéraires et qui apprécie sincèrement votre façon de parler des livres que vous avez aimés. Comme je suis déçue par vos préjugés sur l’autoédition, assénés sans la moindre argumentation auprès de vos téléspectateurs…
L’autoédition serait une « trahison », parce qu’elle menacerait les métiers du livre ?

Le métier d’éditeur, tout d’abord. C’est très étonnant, étant donné que les maisons d’édition croulent sous les manuscrits qu’elles n’ont pas le temps (voire l’envie) de parcourir. Étant donné qu’elles viennent elles-mêmes faire leur chasse dans le Top 20 d’Amazon et sur les autres plateformes d’autoédition numérique qui existent sur internet. Elles sont des dizaines, ces maisons, à venir dénicher des textes qui leur plaisent, et qui ont pour eux l’avantage d’avoir déjà réussi à convaincre un lectorat. C’est une évidence que l’autoédition sert l’édition classique (et facilite grandement son travail, soit dit en passant), au contraire de la menacer.

Vous parlez ensuite du métier de traducteur. J’ai du mal à saisir en quoi l’autoédition priverait de travail les traducteurs. Au contraire, si un roman autoédité est un succès, il peut être repéré par des éditeurs étrangers, qui vont alors rémunérer un traducteur pour en assurer la traduction. Il semble donc que l’autoédition puisse plutôt fournir, parfois, du travail à des traducteur plutôt que de les en priver.

Parlons ensuite du métier de correcteur. Non seulement un certain nombre d’auteurs indépendants embauchent un correcteur professionnel avant de publier leur manuscrit, mais en plus, si ce n’est pas le cas, ça ne retire en rien le pain de la bouche de correcteurs ayant l’habitude de travailler pour des maisons d’édition, puisque s’il n’avaient pas été autoédités, ces romans seraient simplement restés au fond d’un tiroir !

Et enfin, l’autoédition serait un danger pour les libraires. J’ai beau chercher, je ne vois pas en quoi. À moins que l’on confonde l’autoédition avec le livre numérique et qu’en réalité, le débat dont vous parliez ne soit celui de « Le livre numérique menace le métier de libraire ». Je n’entrerai pas dans ce débat, hormis pour dire qu’il n’a absolument RIEN à voir avec l’autoédition. Vous aurez en effet remarqué que les livres numériques ne sont pas uniquement des livres autoédités, mais que tous les livres publiés à l’heure actuelle sont à la fois mis à la vente en librairie en format « papier » et en format numérique sur les plateformes d’ebooks (Kobo, Fnac, Amazon, etc). L’autoédition ne menace en rien les libraires, monsieur Trapenard.

Vous dites que le rôle du Salon, « c’est de défendre les métiers du livre ». Je suis peut-être naïve, mais je pensais qu’il avait aussi, et surtout, pour rôle de défendre le métier de l’auteur. Celui qui écrit des bestsellers à n’en plus finir, mais aussi celui qui n’a plus envie d’envoyer en vain des manuscrits par la Poste, manuscrits qui ne seront probablement jamais lus. Celui qui a envie de trouver, de convaincre, et de séduire ses lecteurs par lui-même. Celui qui a encore le courage de rêver après avoir reçu des lettres de refus qui tiennent en deux lignes impersonnelles. Celui qui n’a peut-être pas la sacro-sainte légitimité d’un grand éditeur parisien, mais qui ne voit pas en quoi la légitimité donnée par les lecteurs serait de moins grande valeur. Celui qui va peut-être faire travailler un correcteur, puis un graphiste pour la création de sa couverture, puis un imprimeur pour son livre papier autoédité.

Les auteurs indépendants ont le droit de rêver, monsieur Trapenard. Nous ne volons le travail de personne, bien au contraire. La seule entreprise qui pourrait éventuellement perdre de l’argent à cause de nous, ce serait La Poste. Parce que oui, quand on pense à tous ces manuscrits qui ne sont plus envoyés en vain aux maisons d’édition, on peut peut-être se dire que La Poste court à la faillite.

Nous ne volons le travail de personne, et de la même façon, l’histoire a prouvé que la musique indépendante, le cinéma indépendant ne volaient le travail de personne, et au contraire permettaient de faire bouger les lignes au profit des artistes.
Il serait peut-être temps qu’au lieu d’accuser l’autoédition de tous les maux, on se mette à défendre l’ensemble des auteurs qui triment tous et qui permettent à des centaines de métiers de, justement, exister. Qui des éditeurs, des correcteurs, des traducteurs, et des libraires pourrait vivre de son métier si les auteurs n’étaient plus là ?

Monsieur Trapenard, je vous estime beaucoup même si je me sens personnellement blessée par vos paroles lancées à la va-vite au Grand Journal. J’ai bon espoir que vous creusiez le sujet et que vous preniez conscience que l’autoédition, loin d’être une « trahison » ou une « catastrophe », a le pouvoir, voire le devoir, de devenir une vraie révolution pour les auteurs.

Bien à vous,

Amélie ANTOINE »

   Un grand bravo à Amélie qui a parfaitement résumé ce que je pense et la façon dont je vois les choses. On peut avoir des avis différents sur la question de l’autoédition et je vous invite à donner votre opinion en commentaires. Mais de là à dire que c’est une « catastrophe«  et une « trahison« , c’en est trop. Surtout qu’il n’y a aucune argumentation construite ici. Encore quelqu’un qui parle d’un sujet dont il ignore tout…

518TMDwkxHL._SX309_BO1,204,203,200_   Pour finir sur une note optimiste, je vous invite à découvrir le livre qui a fait connaître Amélie Antoine sur Amazon. Fidèle au poste. Un ebook dont je vais commencer la lecture 😀

Auteur : MorganePinon

Auteure inspirée... Romance, fantasy, nouvelles, anticipation, science-fiction...

8 réflexions sur “Salon du Livre de Paris qui fait débat…

  1. Je suis parfaitement d’accord avec les propos d’Amélie. C’est effectivement plus les livres numériques qui pourraient constituer un problème. Elle aurait pu même mettre que c’est parfois les maisons d’éditions elles-mêmes, dans leur trop grand désir de suivre une norme qui peut constituer un danger pour l’évolution littéraire et qu’au contraire, l’auto-édition apporte du sang frais, ose là où eux n’auraient pas oser prendre de risque. Mais, moi je n’ai jamais porté une grande estime pour ce journaliste. Il est certes cultivé et son analyse des livres est intéressante. Mais cela fait bien longtemps que je trouve ses propos suffisant, à la limite du mépris parfois et remplis de présupposés qui ne sont dignes que des personnes qui ne cherchent qu’à se donner des apparences en se ranger dans une sorte de case. Je suis de la case des grands littéraires alors je ne m’intéresse qu’à la (soit disante) vraie littérature. Le genre de personne qui ne sont peut être pas si intéressantes et ouvertes d’esprit que ça mais plutôt un copier-coller de ce qui se fait ou non. Il s’est également une fois montré très méprisant envers le roman 50 nuances de grey ; chacun en pense ce qu’il veut, mais de dire presque que c’est de la petite littérature, c’est quand même mépriser publiquement les milliers de lecteurs qui ont aimé. Je trouve ça hautain. D’autant qu’il a introduit cela en disant que les fanfictions étaient des histoires dans lesquels des gens mettaient en scènes leurs fantasmes. Cet homme parle donc de choses qu’il ne semble pas connaître et qui ne l’intéresseront, à mon avis, certes jamais car n’ayant pas une certaine intelligence nécessaire pour être curieux. Si c’était le cas, à mon avis, cela ferait longtemps que ces gens se seraient aperçus que les Grands auteurs d’aujourd’hui étaient les auteurs de l’ombre d’hier, méprisés, équivalent des auteurs d’auto-éditions actuels. Les petites gens. Les petites mains. Ceux qui ne sont pas dans la vraie littérature ! 😉 Le mieux à faire c’est de les laisser se pavaner, continuer d’écrire et d’éditer et d’écouter leurs fines analyses littéraires, pas tellement leurs commentaires personnels.

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    • C’est vrai. Et tu te doutes que je suis aussi d’accord pour les Fanfictions 😉
      Par contre, je n’ai pas l’impression que le livre numérique tue le livre papier. Les Français sont encore très attachés au livre papier qu’il peuvent toucher et exposer dans leur bibliothèque… A chaque fois que je sors un livre, j’ai toujours deux catégories de lecteurs : les pro-numériques et ceux qui n’ont d’yeux que pour le papier. Deux types de lecteurs différents. Et me concernant, j’ai toujours plus vendu de livres papiers que numériques !
      Mais surtout, j’ai parfois entendu des gens dire s’être mis au numérique sans lire de versions papier auparavant ! Serait-ce un côté écologique ? Les nouvelles générations seront habituées à tout faire à l’écran. Donc le livre numérique est une suite logique. J’imagine qu’il faut s’adapter. Mais le plus beau, c’est quand on a vraiment aimé un livre et qu’on souhaite ensuite l’acheter en papier pour pouvoir l’avoir dans sa bibliothèque 😉

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  2. Bonjour
    Je me demandais juste si toute cette agitation polémique n’était pas souhaitée afin de donner des couleurs à un événement aussi cher que terne (d’après les rumeurs), où l’on trouve d’ailleurs plus d’auteurs en mal d’éditeurs que de lecteurs. (toujours selon les rumeurs mais entre rumeur et tumeur une seule lettre diffère ;-))

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    • Bien pensé Jacky ! Chacun a le droit d’avoir son avis sur la question de l’autoédition. Mais ce genre de polémique fait parler de l’événement et ça reste de la publicité pour nous 😉
      Un exemple bien différent. L’actrice Jennifer Lawrence a fait parler d’elle (bien malgré-elle) à propos de photos dénudées qui avait été piratées et partagées sur le net… Assez gênant comme histoire. Et pourtant. Ça lui a fait de la publicité ! Grâce à ça, beaucoup de gens l’ont découverte (sans jeu de mot 😉 ). Des gens qui n’avait pas vu les films Hunger Games ou X-men…
      Tout ça pour dire que l’autoédition fait parler d’elle et que ça ne peut être que bénéfique pour nous 😉 A condition de proposer des livres de qualité pour garder en crédibilité !

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  3. Bravo et bisous à Vous deux.
    Je viens à l’instant d’acheter « fidèle au poste » en kindle.
    Je suis fidèle à la version numérique du livre depuis plus d’un an (bien que j’ai plus de 2000 livres papier), et je suis aussi un fervent «  »partisan » de l’auto-édition…
    Je suis fan de Vous, littérairement bien-sûr (sourire), Morgane, et j’ai tous vos livres…
    Et comme beaucoup d’amoureux vrais de la littérature, c’est à dire du plaisir à lire ce que l’on aime… et ce que l’auteur a aimé, à vivre, à imaginer et à partager, et qui cherche à « transmettre » , à communiquer, je trouve qu’il y en a un peu marre de ces critiques, frustrés, qui ne connaissent rien aux problèmes des auteurs inconnus mais géniaux, de leurs espoirs, de leurs déceptions… des difficultés frustrantes des éditeurs mais qui essaient quand même de nous faire partager leur intérieur avec leur coeur !
    MERCI A VOUS !!!

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    • Merci Jean-Paul ! Ça me fait vraiment plaisir d’avoir un fan 😀
      L’autoédition permet de mettre en lumière des auteurs qui parfois, ont essuyé pas mal de refus de maisons d’édition. Je ne jette pas la pierre aux maisons d’édition. Elles reçoivent tellement de livres… Même J.K. Rowling a mis du temps avant de voir son premier Harry Potter publié ! Les éditeurs en questions doivent s’en mordre les doigts 🙂 Pas évident de deviner ce qui aura un succès planétaire…
      L’autoédition est donc un tremplin pour plusieurs auteurs ! A condition de proposer un livre de qualité pour que le lecteur ne sente pas lire du bas de gamme plein de fautes 😦
      Me concernant, j’adore cette activité d’écrivain-éditeur-graphiste-marketeur ! J’aime obtenir mon livre entre mes mains et me dire : c’est moi qui l’ai fait de A à Z !
      C’est pourquoi je vais rester auteur indépendant 🙂 Et si un jour une maison d’édition sonne à ma porte, ce sera le signe que mes ventes marchent bien et que mes lecteurs sont heureux. Je n’aurais donc pas besoin qu’un éditeur vienne me proposer un contrat pour me retirer le plaisir de faire ça moi-même 😉

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  4. Wow, merci pour ce partage, Morgane, Amélie Antoine a écrit un super texte ! J’ai déjà son ebook, reste plus qu’à le lire, il semble très addictif et mériter son succès, d’après son extrait.
    J’ai écrit un article sur l’auto-édition, il y a quelques semaines, c’est celui qui m’a amené le plus de vues et en peu de temps. Sujet brûlant dirait-on.
    On est en pleine mutation du monde du livre, nous la vivons et pourrons en témoigner quand nous serons de vieilles grands-mères (ou vieux grands-pères) au coin du feu lol…

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    • Merci Marjorie !
      Je voulais vraiment mettre en lumière les mots justes d’Amélie. Peut-être que ça augmentera en effet le nombre de visites sur mon blog 😉
      J’ai déjà commencé son ebook (44% !!). Donc oui, c’est addictif et très bien écrit 😉
      Comme je l’ai dit en réponse plus haut, oui tout est en train d’évoluer. Tout devient numérique et pour les prochaines générations, peut-être que tout ce qui sera sur papier sera considéré comme Has Been 😛 Il faut vivre avec son temps 😉
      Effectivement, on pourra dire : « J’ai fait partie de ces pionniers du numérique ! »

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